Troubles de la thyroïde et conséquences buccodentaires

Au cours de son exercice professionnel, le dentiste sera amené à traiter des patients atteints de désordres thyroïdiens. Des pathologies fréquentes qui peuvent avoir quelques répercussions au niveau de la sphère bucco-dentaire.

La glande thyroïde est une petite glande en forme de papillon située à la base du cou. Elle produit deux hormones : la triiodothyronine (T3) et la thyroxine (T4) dont la quantité à produire et à sécréter dans le sang est contrôlée par deux zones du cerveau, à savoir l’hypothalamus et l’hypophyse. Ces hormones thyroïdiennes agissent sur le métabolisme de base de l’organisme en l’accélérant. Elles participent à la régulation de la température corporelle, du poids et de la masse musculaire, de l’humeur, à la solidité des os, aux fonctions cardiaques…

Lorsque la thyroïde ne fonctionne plus correctement, apparaissent des désordres thyroïdiens. Ils sont relativement fréquents. Et touchent 10 fois plus les femmes que les hommes. On estime que 200 millions de personnes dans le monde souffrent d’une forme de maladie thyroïdienne, ce qui en fait la pathologie la plus répandue au monde après le diabète. Les deux troubles thyroïdiens les plus fréquents sont l’hypothyroïdie (une sous-production d’hormones thyroïdiennes) et l’hyperthyroïdie (une surproduction d’hormones thyroïdiennes). Lorsqu’elles subissent un dérèglement, ces glandes provoquent de nombreux changements physiologiques y compris au niveau bucco-dentaire.

Les manifestations buccales des troubles thyroïdiens peuvent être initialement découvertes par le chirurgien-dentiste, lors d’une simple consultation. Parfois les manifestations buccales s’accompagnent de signes objectifs généraux faciles à reconnaître. Par exemple, un ralentissement de la production d’hormones thyroïdiennes (hypothyroïdie) va avoir des conséquences au niveau de la production et de l’excrétion de salive. Elle provoque en effet une diminution du volume des cellules des glandes submandibulaires ainsi qu’une diminution du volume des canaux striés et intercalaires. Elle provoque également des gingivites ulcéro-nécrotiques chroniques avec des caries des collets, une alvéolyse horizontale, le tout réalisant le tableau classique des parodontopathies (alias maladies parodontales) qui regroupent les gingivites et les parodontites. En cas d’hyperthyroïdie, on constate alors chez l’adulte de multiples caries et une lyse alvéolaire avec évolution vers les parodontopathies. Chez l’enfant, les hyperthyroïdies sont rares, elles sont responsables d’une accélération de la croissance et des deux dentitions. Dans tous les cas, le dentiste doit savoir depuis combien de temps le patient est traité pour ce problème. S’il est en début de traitement ou si le médecin a de la difficulté à contrôler l’hyperthyroïdie, le dentiste évitera notamment d’utiliser de l’adrénaline. Ce qui risquerait de provoquer les symptômes d’une crise d’hyperthyroïdie.

On trouve également des maladies qui affectent la déglutition. Comme la maladie d’Hashimoto. Cette inflammation de la thyroïde provoque une enflure faciale, une faiblesse, une fatigue et une sensibilité au froid. Un gonflement de la gorge peut être observé à un degré tel que le patient a des difficultés à avaler.

Peggy Cardin-Changizi

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