Les TMS du chirurgien dentiste en 3 questions

Nuque endolorie, dos contracté, poignet engourdi, articulations douloureuses… Les chirurgiens dentistes sont particulièrement touchés par ces troubles musculo-squelettiques (TMS). En cause, leur position de travail statique et prolongée, ainsi qu’une gestuelle cent fois répétée durant la journée.

 

Que sont les troubles musculo-squelettiques ?

Les TMS font parler d’eux depuis près d’une trentaine d’années. Mais en quoi consistent-ils exactement ? Le ministère du travail les définit comme « un ensemble de maladies localisées au niveau ou autour des articulations : poignets, coudes, épaules, rachis ou encore genoux. Ces pathologies concernent les muscles, tendons et gaines tendineuses, les nerfs, les bourses séreuses, les vaisseaux sanguins, les articulations, les ligaments, à la périphérie des articulations des membres supérieurs, de la colonne vertébrale et des membres inférieurs ».

Une position inadaptée adoptée quotidiennement et des gestes répétés à longueur de journée finissent par fragiliser certains endroits du corps, durement sollicités. D’abord ponctuelle, la gêne ou la douleur se fait ensuite sentir plus souvent, à l’occasion de l’exercice de l’activité concernée. Peu à peu, elle s’installe plus durablement et ne disparaît qu’après un temps de repos: au départ, une soirée suffit… puis il faut un week-end entier pour qu’elle s’évapore. Plus tard, à force d’être entretenue par l’activité, il faudra une semaine de vacances pour s’en débarrasser. Vient ensuite le jour où la douleur ne disparaît plus jamais complètement: elle est devenue chronique.

Les TMS sont actuellement la première cause de maladie professionnelle en France.

 

Dans quelle mesure les dentistes sont-ils concernés ?

La station prolongée du dentiste, penché au-dessus de la cavité buccale du patient dans une position statique et déséquilibrée, est particulièrement néfaste pour le corps humain. Elle favorise le risque de TMS. A tel point qu’un tiers des étudiants en première année de faculté de médecine dentaire se plaignent déjà de douleurs à la nuque. Chez les étudiants de dernière année, plus des deux tiers en souffrent.

Et une fois en exercice, la posture génératrice de TMS est adoptée à plein temps. Résultat, le taux de prévalence atteint 96% chez les dentistes et les professionnels des soins dentaires en exercice. Un pourcentage qui augmente avec les années.

Les TMS se traduisent par des douleurs, mais également par une sensation de raideur, et par une perte de force ou des maladresses liées à la difficulté croissante d’utiliser le membre endolori. En plus d’affecter le bien-être et la santé du dentiste, les TMS perturbent donc la qualité de son travail.

 

Comment réduire le risque de TMS ?

Plutôt que de devoir gérer les TMS à coups d’antalgiques et de massages thérapeutiques qui ne règleront pas la cause, mieux vaut agir à titre préventif en anticipant le risque.

La meilleure solution est de faire appel à un professionnel de l’ergonomie des postes de travail. Il aidera le dentiste à agencer son cabinet et à s’équiper de la manière la mieux adaptée à sa pratique.

Parmi les critères à prendre en compte, figure celui de la visibilité optimale. Le dentiste doit se situer à la bonne distance de la cavité buccale du patient, soit à une distance optimisant l’acuité visuelle et l’accommodation, et qui minimise la fatigue de convergence des yeux. L’éclairage doit être de bonne qualité et bien orienté. Le patient ne doit pas être positionné trop bas, afin de limiter la flexion cervicale du dentiste. Quant au plan de travail, il ne doit pas être situé derrière lui. La rotation effectuée pour attraper les instruments est très néfaste pour les rachis lombaire et dorsal.

Une fois le dentiste bien équipé, le matériel bien positionné, le cabinet bien agencé, il reste encore à adopter la bonne position : les pieds bien à plat, le dos bien droit contre le siège, la tête dans l’alignement et les avant-bras à l’horizontal !

 

 

 

 

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