La stomatophobie ou la phobie du dentiste : comment peut-on rassurer les patients ?

La phobie du dentiste ou stomatophobie est une peur répandue qui peut avoir des conséquences parfois graves, empêchant ceux qui en souffrent de se faire soigner les dents. Des solutions existent allant de la prise de médicaments à des thérapies cognitivo-comportementales.

La stomatophobie, vous connaissez ? C’est la peur du dentiste. On ne parle pas ici d’un petit caprice ou d’une simple crainte. Pour certaines personnes (adultes comme enfants), c’est une vraie maladie. Cette phobie des soins dentaires concernerait 10% de la population mondiale. En France, selon un sondage Opinion Way de 2016, un Français sur deux a peur d’aller chez le dentiste (48%), majoritairement des femmes (55%) et en particulier la tranche d’âge des 25-34 ans (54%).

La 1ère crainte : la douleur
C’est surtout l’idée de la douleur qu’ils vont ressentir qui inquiète les sondés à hauteur de 40% ! Dont 47% pour les femmes et 32% pour les hommes, un chiffre qui monte à 49% pour les 25-34 ans. Les Français interrogés sont 12% à envisager de se faire accompagner par un proche (14% pour les femmes vs 9% pour les hommes). Et surtout, 17% déclarent avoir eu envie d’annuler ou de reporter leur rendez-vous chez le dentiste à cause du stress ! Dont 22% de femmes contre 11% d’hommes… et 23% chez les 25-34 ans.

Des conséquences à long terme
Quel que soit la cause de leur phobie, cette situation entraîne un cercle vicieux chez ces personnes qui sont prêtes à attendre jusqu’au dernier moment malgré des problèmes dentaires ayant des conséquences sur leur santé. La dentition se détériore, les caries apparaissent, les dents cassées ne sont pas soignées. Des complications infectieuses peuvent se transformer en abcès. Les rages de dents sont fréquentes et d’autres maladies peuvent se développer comme la gingivite, la parodontite ou encore la récession gingivale. Chez les enfants concernés par la stomatophobie, on ira jusqu’à parler de délabrement dentaire, difficile à corriger à l’âge adulte. Et en repoussant le moment de se rendre chez le dentiste durant une longue période, la probabilité que les soins requis lorsqu’ils se décident à y aller soient complexes (traitement du canal radiculaire, pose de couronne, extraction chirurgicale…) augmente fortement.

Traiter avec des médicaments
Alors que faire ? Il existe quelques techniques pour atténuer le stress. La sédation consciente par exemple. Certains dentistes, qui ont l’expérience de l’anesthésie, peuvent la proposer.
Ils utilisent :

  • soit un mélange équimolaire d’oxygène et de protoxyde d’azote (gaz hilarant) efficace en 3 à 5 minutes et dépourvu de contre-indications et sans effets secondaires Il est généralement utilisé pour de courtes interventions. Il amène à la relaxation et a aussi un effet d’anxiolytique et d’antalgique ;
  • soit des sédatifs, combinés à une anesthésie locale, qui peuvent aider les patients à se relaxer et se sentir plus calme durant les procédures de traitement dentaire.

Autre possibilité, celle d’être dirigé vers un hôpital pour subir une anesthésie générale.

Opter pour des thérapies
D’autres moyens s’offrent également à vous. Recevoir un suivi thérapeutique, que ce soit par un psychologue, un psychiatre ou même une personne rassurante de l’entourage. L’acupuncture ou encore l’hypnose s’avèrent également efficaces chez certains patients aux prises avec la phobie dentaire. Certains hôpitaux et praticiens proposent également aux patients atteints de stomatophobie des thérapies cognitivo-comportementales (TCC) afin de vaincre leur phobie. Objectif : dépasser sa peur et réaliser des traitements même sans sédation !

Peggy Cardin-Changizi

 

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