D’où vient l’expression « avoir les dents du bonheur » ?

Le diastème – espace entre deux dents, le plus souvent entre les deux incisives du haut – est le nom médical donné aux « dents du bonheur » ou « dents de la chance ». Une expression qui date de l’époque de Napoléon !

De nombreuses célébrités comme Yannick Noah, Vanessa Paradis, Laurent Voulzy ou Jane Birkin, ont la caractéristique

commune d’avoir ce qu’on appelle les « dents du bonheur » ou « dents de la chance », dont le nom médical est le diastème. Ce mot, issu du grec « diastema » signifie « intervalle ». Car il s’agit en effet d’un espace – plus ou moins important – entre deux dents, le plus souvent entre les deux incisives supérieures, au centre de l’arcade dentaire du haut.

L’expression « dents du bonheur » remonte au temps des guerres napoléoniennes, au 19ème siècle. A cette époque, pour aller sur le champ de bataille il fallait être doté de rapidité, de dextérité mais aussi, plus étonnement, de bonnes dents ! En effet, les soldats devaient tenir leurs lourds fusils à deux mains. Ils n’avaient alors que leurs incisives pour déchirer l’emballage en papier dans lequel se trouvait la recharge de poudre. C’est au moment du recrutement à l’armée que tout se jouait. Ceux ayant des quenottes manquantes ou trop écartées devant, se retrouvaient alors inaptes au combat et réformés et avait le « bonheur » d’échapper à la guerre.

Le diastème peut être congénital ou acquis. Il est généralement lié à une anomalie de la structure bucco-dentaire : des incisives centrales et latérales trop étroites, une agénésie dentaire (absence de certaines dents), une particularité anatomique, comme un frein labial trop court. Il peut aussi être causé par un problème lors de la formation des dents, notamment hormonal, une maladie parodontale ou encore un traumatisme.

S’il peut assurément donner du charme ou de la personnalité à la personne qui le porte, ou porter chance, le diastème apporte quelques inconvénients. Par exemple, il peut retenir les aliments et créer un bourrage alimentaire (qui peut à son tour engendrer une inflammation de la gencive). Il peut aussi causer un éventuel problème de prononciation ou chez certaines personnes un complexe physique.

Des solutions existent pour fermer le diastème :

  • les facettes en céramique très fines, qui seront collées sur l’extérieur de la dent ;
  • installer des couronnes, un bridge ou remplacer les dents par des implants (adultes seulement).
  • le traitement orthodontique avec des brackets collés sur la face des incisives (de petites plaques en métal ou en céramique sur lesquelles repose un élastique pour rapprocher les deux incisives du haut) ;

 

En cas de frein labial surdimensionné, votre chirurgien-dentiste pourra vous orienter vers un parodontiste pour envisager une intervention chirurgicale (« freinectomie »). Cette intervention consiste à couper le frein labial et à le repositionner pour permettre une plus grande flexibilité.

Peggy Cardin-Changizi

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