Jardiner en entreprise rend plus performant

S’oxygéner, se sentir apaisé, se dépenser en respirant l’air frais revitalisant de la végétation…

Manger des légumes bio, sans pesticides, fraîchement cueillis…

On n’est pas en train de vous inviter à prendre un billet pour la jungle antillaise et sa cascade enchantée.

Voyez plus près…

Non, pas question non plus d’un séjour détente au cœur du Larzac.

Réfléchissez encore…

Beaucoup plus simple que ça…

Un POTAGER.

Ok, d’un coup, ça fait moins rêver. Mais s’il vous envoyait en escapade en express, le temps de la pause de 10h ou après le déjeuner ? Ca serait quand-même pas mal avant de vous replonger le nez dans les dossiers ou les meeting.

Car on vous parle ici d’un potager AU TRAVAIL.

Sur les terres de votre entreprise.

Et celle-ci ne va pas s’en plaindre : au même titre que d’autres initiatives favorisant le bien-être au travail (sophrologie, bol d’air Jacquier…), cultiver ses légumes au travail rendrait les salariés plus performants. Explications.

 

Des potagers dans l’entreprise

Comme par hasard, cette idée un peu rocambolesque au départ nous vient tout droit des Etats-Unis. Le corporate garden (de son petit nom tendance).

Au départ, l’initiative de créer des jardins communautaires vient de l’artiste Liz Christy. Elle a expérimenté le concept à New York, en 1973, avec le Liz Christy Community Garden (qui existe encore à Manhattan).

20 ans plus tard, on a vu cette idée débarquer timidement en France, sous forme de jardins partagés entre citoyens.

Et peu à peu, elle a gagné l’entreprise.

Même si elle est encore (trop !) peu exploitée, cette initiative existe quand-même un peu partout dans le monde :

  • Au Japon, à Tokyo, dans la tour qui abrite le siège social de l’entreprise Pasona. Rizières et champs de blés occupent les différents étages du bâtiment, jusqu’à déverser leurs gerbes de verdure par-dessus les balcons. Plus d’une centaine de variétés de légumes, de fruits et de riz sont cultivés par les salariés qui peuvent ensuite les consommer sur place.
  • Au cœur de la Silicon Valley, bien sûr, les entreprises modernes ultra-prospères que sont Google et Facebook, réputées pour la tendance avant-gardiste de leur management et la place prépondérante au bien-être, ont évidemment développé leurs propres corporate garden.
  • Mais en France et en Europe aussi ! Les jardins ont pris possession de certaines entreprises. C’est le cas, par exemple, dans certaines filiales d’Engie basées dans l’Oise et à Bruxelles.

 

Concrètement, quels avantages ?

On les voit venir, les sceptiques et les médisants !

– Bon, on amène la nature au boulot, et alors ? – C’est bien beau et ça sent bon la menthe, mais qu’est-ce qu’on y gagne à part bosser la terre en plus des dossiers de compta ?

En fait, plusieurs études ont montré qu’apporter de la verdure au travail rendait les salariés plus performants. Sans parler de l’impact sur l’absentéisme : il serait réduit jusqu’à -10% ! La végétalisation des lieux de travail attirerait aussi les futurs salariés (actuellement étudiants). La nouvelle génération, quoi.

Ca, ce sont les avantages pour l’entreprise. Elle en profiterait aussi pour améliorer son image. Adopter celle d’une boîte jeune et pimpante, qui crée du lien et mise sur le bien-être. N’oublions pas que les jeunes générations sont en quête de sens et très concernées par l’environnement.

Côté salariés, on se sent mieux avec la nature à côté.

Pas étonnant.

Rien que les plantes, en régulant le taux d’humidité dans l’air, contribueraient à réduire le stress.

Alors, imaginez un peu la détente si les salariés avaient carrément un potager à disposition pour y plonger les mains, remuer la terre et respirer le poireau.

Dire stop à la cantine ou aux plats préparés du quartier pour manger des légumes fraîchement cueillis, ce serait sympa aussi.

Et le potager décloisonne les services, encourage naturellement les échanges : les salariés sont réunis autour d’un projet commun.

On communique autrement, on résout même des conflits !

Et en plus de partager un moment de détente fructueux, on peut partager un repas de qualité… Et plus, si affinités.

 

Alors, comment s’y prendre ?

Déjà, on commence par identifier l’espace qui pourra servir à la plantation. Un champ (pour les plus chanceux…). Une terrasse. Un balcon (des plantes aromatiques ? C’est déjà ça). Des murs végétaux (si on est casse-cou). Un toit d’immeubles, si on n’a pas le vertige.

Ensuite, il faut se pencher sur ce qu’on souhaite/peut voir pousser (ça ne va pas toujours ensemble). Prendre en compte la saison, le territoire, le type de sol. Choisir la technique de jardinage adaptée, faire le point sur les outils nécessaires, relier l’accès à l’eau.

(C’est à peu près le moment où il faut faire appel à un professionnel.)

Il existe de véritables sociétés spécialisées dans la mise en place des corporate garden en entreprise.

Pour les trouver, rien de tel qu’une petite recherche Linkedin !

Quelques exemples:

A Lilles, Coralie Breuvart met en place des potagers 100% naturels avec les collaborateurs des entreprises et/ou des collectivités. Elle débarque au travail avec sa boîte à « outils pédagogiques pour produire des fruits et légumes, pour manger sain au boulot, pour prendre soin de la nature et fédérer les collaborateurs ! »

A Paris, Romain Balmary et sa boîte Ciel mon radis proposent des potagers d’entreprise et du Thym Building. Il se dit spécialiste des potagers urbains : « Nous installons des potagers en extérieur et en intérieur, sur vos toitures et terrasses, comme dans vos open-spaces et salles de convivialité. Nos jardiniers viennent ensuite entretenir vos potagers et animent des ateliers de jardinage et de cuisine pour resserrer les liens au bureau : c’est le Thym Building ! »

Alors, prêts ? Au boulot!

 

 

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