Halte aux risques psychosociaux !

Les risques psycho-sociaux, ça te parle ?

Non ?

 

Lever les gamins. Les habiller, manger, ne rien oublier, doudou-tétine, tout est ok.

Allez, tout le monde en voiture. En route ! La réunion de 9h n’attendra pas, les collègues n’iront pas vérifier que t’as fait tout ton possible pour arriver à l’heure mais que malgré tout et malgré toi… « Quoi ? Il est où ? Tu vas où ?? Pipi ??? Maintenant ??? Noooon ! Pas possible. Oh nan, la mauvaise mère (culpabilité). « Bon, ok, allez, vas-y, vite, vite, VIIIIIIITE ! »

Le stress.

Ce ne serait pas autant la panique si t’avais réussi à boucler le dossier hier avant la sortie de bureau. Ou alors avant la nuit, quand tout le monde était enfin couché mais que tes yeux ont eu la top idée de se fermer tout seuls devant ton ordi. T’as du capituler. Impuissante. Aller te pieuter. Et voilà.

 

Alors ? Ca y est ? Ca te parle un peu plus ?

 

Trop de boulot. Trop, trop, TROOOOOP ! Résultat, va falloir improviser à moitié devant le patron. Mais en faisant genre que tout est sous contrôle. Et que tout va bien. Faudrait pas sauter avant la fin de l’année.

Le stress.

Et c’est ça tout le temps.

T’en peux plus.

 

Le mauvais stress

Voyons un peu ce que disent les chiffres de l’INRS (ou l’institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents de travail et des maladies professionnelles).

Ah. C’est pas fameux.

Quasi la moitié des gens qui travaillent déclare devoir se dépêcher tout le temps (ou souvent).

Un quart déclare devoir cacher ses émotions / faire semblant d’être de bonne humeur / avoir peur de perdre son boulot. Super.

Et près d’un tiers indique aussi avoir subi au moins un comportement hostile au travail sur les 12 derniers mois.

Ces chiffres sont tirés d’une enquête réalisée en 2016 par la DARES (la direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques).

 

Sur le site de l’INRS, on lit aussi que le stress vient de la perception qu’on a de nous et de notre travail.

Il y a un déséquilibre entre la perception qu’on a de nos contraintes de travail, et celle qu’on a des ressources dont on dispose pour y faire face.

En gros, plus nos conditions de travail nous paraissent dures (attentes de la hiérarchie, objectifs fixés, etc), plus on se sent dans l’incapacité de les gérer (manque de confiance en soi, fatigue, etc), et plus on est stressé. Ca semble assez logique.

En dehors des violences (harcèlement moral, sexuel, menaces, etc), c’est ce stress qui est à l’origine des troubles psychosociaux : irritabilité, déprime, fatigue, troubles de la concentration, troubles du sommeil… et donc perte de confiance, et donc déprime, et donc fatigue… Le cercle vicieux.

A terme, le corps peut lui en aussi pâtir : troubles musculo-squelettiques, maladies cardio-vasculaires, et parfois des maladies plus graves, surtout quand la situation s’éternise. La tuile, quoi.

Sur le plan psychologique, la déprime peut évoluer en dépression. La situation peut aboutir à un burn-out. Et dans le pire des cas, à un suicide.

 

Happy management

Pour lutter contre le stress au travail et les fameux RPS, il faut donc – selon les cas – se détendre et changer notre perception des contraintes, modifier notre perception de nous-mêmes et parfois diminuer notre charge de travail.

La sophrologie, le yoga, la méditation associées à la psychothérapie si besoin (quand la mésestime de soi est trop importante, par exemple) sont de super atouts pour changer nos perception, apprendre à se détendre, mieux gérer le rush et savoir parfois dire non en posant des limites.

Sinon, de leur côté, des entreprises de la Silicon Valley ont développé le concept de « happy management ». Elles ont créé la fonction de « Chief Happiness Officer » – CHO- (ou « responsable du bonheur au travail »). Certaines entreprises françaises ont franchi le pas et ont créé le poste.

Leur conviction, c’est que plus le salarié se sent bien, plus il est productif. Et ces entreprises ont raison. Une étude de l’Université de Warwick (Royaume-Uni) démontre que les salariés heureux sont 37% plus productif.

Sachant cela, forcément, l’entreprise a bien envie de semer du bonheur à tout-va.

Et en tant que salarié, on ne va pas s’en plaindre.

Concrètement, le CHO se tient à l’écoute des salariés et organise des évènements pour créer du lien et souder l’équipe (team building, etc). Il aménage les locaux pour les rendre plus agréables, joue les médiateurs en cas de conflit, et peut même réguler les surcharges de travail.

Sur Linkedin, on compte plus de 250 chiefs happiness officer, et souvent, il s’agit d’un poste à part entière (et non d’une fonction exercée en plus de son poste).

On dirait bien que la profession se développe.

A moins que les postes en question ne soient que du vent, on peut donc espérer du mieux pour les années à venir !

 

 

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